La langue des bêtes

Auteur : Stéphane Servant

Editeur : Rouergue

Résumé : La Petite, vit à l’écart du monde. Son père, le Père, sa mère, Belle, Tom Major, un nain, Colodi, marionnettiste et ventriloque, Pipo, vieux clown et ancien dompteur se sont échoués au Puits des Anges après une dernière représentation pendant laquelle La Petite est née sur la piste après que sa mère soit tombée de son trapèze. Communauté de vie, ces personnes partagent souvenirs et nostalgie d’un monde perdu, en train de se déliter rapidement. D’autant qu’une autoroute est mise en chantier, menaçant la troupe d’expulsion. Le Puits des Anges serait une ancienne mine autour de laquelle court une légende. La terre se serait ouverte brusquement engloutissant tout dans sa gueule béante. La bête serait toujours présente dans les alentours. Elle est en tous cas bien présente dans la tête de La Petite. Croyance alimentée par les histoires que se racontent ces anciens saltimbanques. La fillette communique avec les animaux de la forêt tout proche. Un jour une assistante sociale vient intimer l’ordre de scolariser La Petite. Celle-ci ira un peu à l’école, dans la classe d’un professeur qui tombera amoureux de sa mère.
L’agonie du groupe s’accélère au rythme des pelleteuses qui s’activent. Un dernier spectacle d’adieu aura lieu. Feu d’artifice qui tourne à l’émeute. Le groupe se séparera. Le Père, Belle et La Petite partiront, déclinant toute aide sociale ou humanitaire, car ils ne sont pas fait pour vivre dans une cage, qu’elle soit faite de béton ou de papier.

Commentaire : Un récit troublant, puissamment écrit dont on ne sort pas indemne de la lecture. Un récit métaphorique et terriblement prenant. La folie, la mort, l’amour, la déchirure, le secret. Une aventure profondément humaine, à la fois cruelle et optimiste. Ce texte, brillamment écrit, touche au plus profond de l’âme humaine. Quelque chose qui rappelle notre appartenance à la nature et notre singularité qui fait de nous des êtres capables de folie, de rêves inaccessibles, des êtres coincés entre leur part d’animalité et la nécessité de prendre la main sur le destin.

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